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Au cœur de la décharge de Dangkao

Dans la banlieue sud de Phnom Penh, la décharge de Dangkao est desservie par une route chaotique. Ici, toute une communauté travaille au recyclage des déchets pour une bouchée de pain dans une odeur pestilentielle. Ces familles vivent dans des habitations insalubres construites de planches et de tôle, entourées par une montagne de déchets.

Au Cambodge, malgré une baisse notoire de la pauvreté et une forte croissance depuis une dizaine d’années*, la précarité subsiste. En effet, un tiers de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 2$ par jour**. A Phnom Penh, des milliers de familles tentent de survivre en trouvant du travail là où elles peuvent. Pour certaines, la décharge publique est la seule solution trouvée.

Toute la journée, du lever au coucher du soleil, les montagnes d’ordures ménagères sont triées, alimentées par un ballet continu de camions poubelles. Des bulldozers aplanissent le déchargement des camions. Des accidents sont fréquemment déplorés dû à une absence totale de sécurité et à l’avidité des trieurs qui se jettent sur les nouvelles arrivées de déchets. Chaque trieur est équipé de grands sacs et d’une pique et les remplissent principalement de plastique, mais aussi de métaux, de verre etc. Une fois les sacs remplis des différentes matières, ils sont ensuite pesés et achetés pour être principalement revendus à l’étranger, notamment au Vietnam.

La vie s’organise tout de même sur la décharge. Malgré l’odeur âcre et particulièrement nauséabonde les jours de pluies, ces hommes, femmes et enfants travaillent, mangent et dorment dans l’indifférence générale, au milieu de la montagne de détritus, sans eau courante ni électricité.

A cause des piètres conditions de vie, l’espérance de vie des chiffonniers est drastiquement plus courte. De multiples problèmes de santé sont recensés à cause notamment des gaz nocifs émis par la décomposition des déchets. Plus particulièrement, les enfants souffrent souvent de malnutrition, de problèmes de croissance et de dentition. Des maladies chroniques sont aussi principalement dues à une mauvaise alimentation…

Au-delà des conditions sanitaires déplorables, l’accès à l’éducation est une problématique importante. Ici, les enfants ne vont pas à l’école. Il est d’ailleurs commun que dès leur plus jeune âge, ils travaillent à la décharge avec leurs parents.

Un trieur, Sokha et son fils qui vivent et travaillent sur la décharge.

Certaines ONG tentent de venir en aide à ces quelques 300 familles recensées. Par exemple, une ONG y construit en ce moment une école après avoir bâti l’unique point d’eau de la décharge. Quant à l’EFCC, depuis sa création en 2014, l’ONG accueille des enfants venant de ce bidonville.
Leur situation est plus que précaire. Ils gagnent environ 1$ par jour et par personne. La plupart des familles louent également un terrain sur la décharge sur lequel ils ont construit leur habitation de bric et de broc. Aujourd’hui, ces familles ne sont pas à l’abri de se faire expulser, leur présence sur la décharge étant officiellement illégale.
Le but de l’EFCC est de sortir ces enfants défavorisés du cycle de la pauvreté et de les amener vers un avenir meilleur grâce à une éducation de qualité, de bonnes conditions d’hygiène, des soins en cas de nécessité, et une alimentation équilibrée.
Au cœur de la décharge de Dangkao